jeudi 31 mai 2012

Du bon et du mauvais usage des consultants

La profession n'est pas très organisée et le terme de consultant, pour être appliqué à des genres très différents, est devenu confus. Le conseil en management, le conseil opérationnel, le coach, l'AMO, le PMO, le conseil en stratégie, le conseil formation, le conseil technique : tous se prévalent du titre de consultant, avec des niveaux de facturation, des modèles économiques, des méthodes de travail, des compétences, extrêmement différents. Loin de moi l'idée de suggérer des ordres ou des préséances. Je constate seulement qu'avec une si grande variété rangée derrière une seule et même appellation, tout peut être dit : adhésion comme désillusions des entreprises, critiques comme prétentions des consultants. Tant que la profession ne clarifie pas le statut de consultant avec une labellisation rigoureuse, cela perdurera. Or il faut vraiment se garder de généraliser : en l'état, c'est impossible.

Le conseil n'est ni une délégation ni une sous-traitance. Le consultant doit savoir écouter pour aider l'équipe managériale qui l'emploie à réfléchir. Le consultant ne décharge pas le management de ses devoirs. Il lui offre son temps, son expérience, ses facultés d'analyse et de synthèse. On a connu des cas extrêmes où des pouvoirs de décision ont été donnés à des consultants et d'autres où ils ont été chargés de remplacer des équipes opérationnelles. Ce sont des déviations souvent provoquées par l'entreprise elle-même. Dans le premier cas on aurait dû parler d'embauche, dans le second de sous-traitance, mais sûrement pas de conseil.

Le conseil est un composite entre l'expérience et la nouveauté. On oppose souvent de façon assez stérile d'ailleurs, les cabinets dits « latins » à ceux dits « anglo-saxons ». Les premiers reprochent aux seconds un usage trop systématique de modèles, « benchmarks » et autres « best practices » et placent au centre de tout la « personnalisation absolue des solutions ».

En fait la connaissance de pratiques avancées, de modèles d'organisation éprouvés, de repères quantitatifs sont indiscutablement une référence précieuse. Mais comment peut-il être question de les transposer purement et simplement d'une entreprise vers une autre ? La préfabrication est un dévoiement de l'expérience mais la connaissance est un acquis qui nourrit l'adaptation. Elle ne doit pas servir à martyriser les réalités sous prétexte que c'est la médecine qui a déjà fait ses preuves.

Le sentiment d'envahissement est un reproche que l'on entend souvent de la part de certains représentants d'entreprise. Avant 2000, cela pouvait être exact, maturité de l'offre et années fastes pour l'économie pouvant conduire à des usages abusifs. Depuis la crise, les entreprises font à nouveau appel à des consultants, mais les processus de validation se sont durcis et la plupart choisissent soigneusement les projets qui seront accompagnés par un consultant. Dans les plus grandes entreprises, souvent la signature d'un membre du comité de direction y est prescrite.

Alors, le conseil serait-il comme la langue d'Esope : la meilleure ou la pire des choses ? On compte trop de dirigeants déçus de n'avoir comme « livrables » que des kilos de papier agrémentés d'une débauche de graphiques. Peut-être, mais ne généralisons pas. Il y a autant de missions mal définies ou hypocrites que de consultants sourds, outrecuidants ou courtisans. Le conseil reste une solution puissante si les deux parties s'entendent bien et travaillent en confiance.


Nous rajouterons qu'il est nécessaire pour le client de vérifier quel consultant va effectivement faire le travail. Trop de cabinets de conseil, très présents à Toulouse vous vendent un consultant senior qui vous rédige une belle proposition commerciale, mais le dossier sera sans que vous le sachiez suivi par un consultant junior et le travail sera effectué par un stagiaire ou un contrat d'apprentissage. 

L'avantage pour le cabinet de conseil est évidente, vendre une prestation d'un senior dont le prix d'une journée vaut la paie mensuelle de 2 stagiaires. La rentabilité est certaine.. pour le cabinet pas pour l'entreprise cliente !!

vendredi 11 mai 2012

Stratégie Marketing : 10 conseils pour réaliser une matrice stratégique

Pour définir et orienter sa stratégie marketing, tout directeur marketing ou chef de produit a besoin d’utiliser une matrice stratégique, que ce soit la matrice BCG (Boston Consulting Group), celle de Mac Kinsey ou encore la matrice R.CA (Rentabilité /Chiffre d’Affaires). Ces matrices font partie du Plan Marketing, elles sont une aide précieuse aux décisions de business.  Voici 10 conseils pour bien les intégrer à sa stratégie marketing, les réaliser et les interpréter.

1- Définir le champs d’analyse stratégique

 

Une matrice stratégique s’emploie au niveau de l’entreprise pour analyser les DAS, (Domaines d’Activité Stratégiques); le directeur marketing l’utilise pour analyser le portefeuille de toutes les gammes de produits; le chef de produit l’applique au portefeuille de produits dont il a la responsabilité. La stratégie marketing s’applique à ces différents niveaux, avec un plan marketing spécifique permettant de développer le business de façon adaptée quelque soit le champs d’action.

2- Un 1er axe pour mesurer l’attractivité du marché

 

Les matrices stratégiques ont comme objectif de positionner les activités de l’entreprise ou ses produits sur leur marché. Il est donc essentiel de situer sur un premier axe, en ordonnées, l’attractivité du marché. Les matrices BCG et RCA prennent le taux de croissance comme indicateur. La matrice Mac Kinsey mixe plusieurs critères: croissance, nombre de concurrents, accessibilité, profitabilité, volume… Toute stratégie marketing repose sur la prise en compte de l’environnement externe.

3- Un 2ème axe pour mesurer la position de l’activité /offre

 

Le deuxième axe de la matrice, en abscisses, situe la position de l’entreprise ou de ses produits. C’est ce qui va permettre de mettre en perspective la position des activités ou des produits sur leur marché et donner, selon les cadrans, les grandes orientations de stratégie marketing.
  • La matrice BCG indique la part de marché relative de l’activité /produit par rapport au concurrent le mieux placé en part de marché. Ainsi la médiane est 1.
  • La matrice R.CA prend comme indicateur la rentabilité. Cette matrice correspond mieux aux secteurs BtoB.
  • La matrice Mac Kinsey mixe plusieurs critères: part de marché, rentabilité, maîtrise de la distribution, notoriété…

 4- Pas de stratégie marketing sans données fiables!

 

Ce conseil vaut pour toutes matrices, principalement pour la matrice Mac Kinsey: le mix des critères d’attractivité du marché et d’atouts de l’activité /offre produit doit être fondé sur des données précises et chiffrées et correspondants au secteur. En marketing BtoB, il est parfois difficile de se procurer les bonnes informations sur son marché: il faut absolument croiser plusieurs sources d’informations.

5- Visualiser la part de chaque activité /offre

 

 On représente chaque activité ou chaque produit par un cercle. La taille de celui-ci est proportionnel à la part qu’il représente dans le portefeuille global. Ainsi le directeur marketing ou le chef de produit visualise rapidement le poids de chacun et sa position sur le marché. Cette visualisation permet de partager le même diagnostic avant d’orienter la stratégie marketing.

6- Faire le lien avec le cycle de vie du marché

 

 En faisant le lien avec le cycle de vie du marché, on peut s’interroger sur les produits qui sont dans le cadran « dilemmes » alors que le marché est déjà bien lancé. On peut aussi s’interroger sur les produits avec un  poids prépondérant et qui sont dans le cadran « poids morts ».

7- Analyser l’équilibre du portefeuille d’activité /offre

 

 Vérifier l’équilibre du portefeuille d’activité/ produit est la 1ère analyse à réaliser pour orienter sa stratégie marketing puis construire son plan marketing. La question est double: le business d’aujourd’hui est-il suffisamment rentable? Y-a-t’il suffisamment de nouvelles activités ou de nouveaux produits pour assurer le business de demain?

8- Interpréter pour orienter la stratégie marketing

 

Une 1ère lecture permet d’aider à la décision:
  • Dilemmes: investir pour faire passer en  »Vedettes » ou se désengager si le lancement n’a pas été réussi.
  • Vedettes: maintenir le leadership.
  • Vaches à lait: rentabiliser, ce sont ces produits qui permettent d’investir pour le business de demain.
  • Poids morts : se désengager sauf si ce produit sert de booster ou de vitrine pour en vendre un autre.
  •  

9- Mettre en perspective avec le plan marketing

 

Les matrices stratégiques sont un formidable outil d’aide à la décision. Cependant l’analyse est plus complète si on met en perspective des objectifs généraux de l’entreprise, des objectifs marketing, de l’analyse SWOT, des capacités de l’entreprise et du positionnement versus la concurrence.

10- Prendre les bonnes décisions pour le business

 

Les décisions à prendre doivent être guidées par les objectifs généraux poursuivis par l’entreprise, elles doivent être suivies par des actions concrètes, planifiées, mesurables. Il s’agit notamment de rationaliser le portefeuille d’activité /produit:
  • Se désengager des produits à faible volume, faible notoriété… qui sont sur des marchés décroissants.
  • Promouvoir les produits à forte rentabilité, bonne attractivité sur des marchés en croissance
  • Investir sur les nouvelles offres et l’innovation.


jeudi 10 mai 2012

Les outils du diagnostic stratégique : le PESTEL

Voici le premier d’une petite série d’articles sur les outils utilisés de façon courante en diagnostic stratégique. Le but sera en priorité d’illustrer l’intérêt de ces outils, plus que d’expliquer dans le détail leur utilisation. Pour nous échauffer nous allons parler de l’analyse PEST ou PESTEL. Cette analyse recense les risques et opportunités que l’entreprise peut voir surgir dans son environnement au travers de quelques grandes forces structurantes : la politique, l’économie, le social, la technologie, l’environnement et la législation.

Plusieurs variantes existent, mais essentiellement ce sont là les points importants :

 

Pour être honnête le PESTEL est souvent extrêmement sous-estimé par mes clients, avec des raisons diverses mais qui sont souvent un cocktail de ce type : « l’outil est trop simple pour être utile, et de toute façon il pourquoi perdre du temps à lister ce qui va affecter de la même façon les concurrents ». Certes. Deux gros bémols à ces habituelles objections :
  1. Le PESTEL est souvent un excellent moyen de prendre du recul sur son industrie et son marché, en repassant en revue les points clefs qui la favorise ou la freine. C’est parfois le début efficace d’un travail de re-segmentation de son marché, ou de recherche d’océan bleu. C’est l’un des nombreux outils qui permettent de sortir des réflexes conditionnés que le chef d’entreprise a développé.
  2. Mais surtout s’il est réalisé avec sérieux il va réellement mettre en lumière des évènements majeurs qui se profilent à l’horizon et qui vont demander un ajustement de cap. Et en particulier pour un chef d’entreprise en recherche d’investissement, il va être sérieusement question de donner une lisibilité aux cinq prochaines années. Inutile de croire échapper au PESTEL !
Illustrons tout cela avec un exemple qui concerne plusieurs de mes clients travaillant dans le e-commerce :
Sous le S du PESTEL, nous pouvons lister la propension de plus en plus marquée du grand public, à accepter les sites de vente en ligne comme des outils de consommation de plus en plus normaux. Le CA du secteur en France est passé de moins de 9 milliards d’euros en 2005, à plus de 25 milliards en 2009. Et nous avons une progression prévue de 15% par an pour les plus pessimistes, allant jusqu’à 25-30% pour les plus optimistes.

Or Bruxelles a décidé d’allumer quelques signaux d’alertes sous le L du PESTEL, avec l’arrivée d’une réglementation sur la distribution sélective. Publiée le 20 avril, celle-ci était en gestation depuis plus de trois ans, et donc clairement prévisible. En quelques mots, les fabricants vont pouvoir contraindre les e-commerçants à restreindre les gammes vendues sur internet, ou les interdire. C’est un gros coup qui est porté au développement du e-commerce. Il pourra même être envisagé de demander aux e-commerçants de posséder des boutiques physiques… Le PESTEL nous permet donc d’expliquer rapidement quelles sont ici les deux grandes forces qui mettent en contrainte ce secteur : une  vraie ruée vers l’or pour certains portée par un développement unique en ces temps de crise, mais aussi un durcissement qui pourrait tuer de nombreux sites en démarrage, remettre en cause les anciens et redistribuer les cartes.

Et nous n’avons pas fait ici une analyse complète. Loin de là : nous avons juste pris en compte deux points aujourd’hui évidents pour tout le monde. Ceci étant, je peux parier que bien peu de dirigeants de sites de e-commerce ont défini une stratégie réelle face à l’arrivée de la loi sur la distribution sélective. Et c’est bien un travail de diagnostic stratégique : isoler les éléments significatifs, diagnostiquer l’impact sur l’entreprise, définir des scénarios d’adaptation et avancer plus vite et mieux que la concurrence !

Article de 

lundi 16 avril 2012

À quoi se mesure la valeur d'une entreprise ?

L'association de dirigeants Entreprise et Progrès a publié le jeudi 12 avril 2012 un nouveau rapport sur le thème de la valeur entrepreneuriale. Son pari ? Réconcilier performances financières et développement social de l'entreprise.

« Tout est parti d’un constat : aujourd’hui, quand on évoque la valeur d’une entreprise, on se focalise presque exclusivement sur son cours en Bourse et ses résultats financiers. Or, c’est loin de résumer sa réalité globale et quotidienne », explique Jean-Christophe Davy, président de chantier du nouveau rapport d’Entreprise et Progrès, publié le 12 avril 2012.

L’association de dirigeants y insiste sur l’importance de la “valeur entrepreneuriale” dans la compétitivité de l’entreprise. Il s’agit, selon eux, de mettre l’accent sur les facteurs-clés de réussite et de pérennité d’une société, en marge de ses performances purement financières.

Une vision de l'entreprise inscrite sur la durée
« Depuis des années, la valeur actionnariale a, en quelque sorte, écrasé la valeur entrepreneuriale au profit d’une vison court-termiste des profits, affirme Hervé Gourio, directeur général d’Entreprise et Progrès. Nous devons rééquilibrer sur le long terme ces deux modes de valorisation de l’entreprise non pas en les opposant mais en les associant. »

L’association pointe ainsi l’importance de repartir de l’aventure humaine à l’origine de chaque entreprise”. Participation à la croissance économique d’un territoire, plus-value du recrutement de jeunes talents, transfert de savoir-faire, rayonnement de l’entreprise… Autant d’éléments que les dirigeants de petites comme de grandes entreprises ont intérêt à valoriser auprès des investisseurs, salariés, fournisseurs, clients et plus largement des pouvoirs publics et des médias. Un dialogue qui doit s'installer honnêtement et en toute transparence.

« Les grands groupes communiquent déjà sur cette valeur entrepreneuriale, via des textes sur leur RSE [Responsabilité sociale de l'entreprise, NDLR] ou sur leur empreinte écologique. Le problème, c’est qu’ils transforment souvent cela en un package marketing alors qu'il s'agit un vrai sujet de fond qui renvoie à la culture et les valeurs mêmes de l’entreprise, déplore Jean-Christophe Davy. Nous tentons d’initier une prise de conscience collective. »

Mettre en place des critères mesurables
Pour évaluer concrètement cette valeur entrepreneuriale et en tenir compte dans les prises de décision, Entreprise et Progrès recommande d’instaurer une vingtaine d’indicateurs. Parmi les solutions avancées, compter le nombre de participants à des événements organisés par l’entreprise, comptabiliser le nombre de réseaux sociaux sur lesquels elle est présente, établir un suivi des livraisons en temps et en heure, calculer le nombre d’innovations annuelles…

« Nous ne proposons pas une formule toute faite pour calculer la valeur entrepreneuriale, nuance Denis Terrien, président de l’association. Chaque entreprise est unique. Par exemple, les patrons de PME savent très bien ce qui fonctionne ou non dans leur structure. Ces critères, quand ils sont bien adaptés, permettent de renforcer la position de l’entreprise sur la durée. C’est cette implication sur le long terme qui fait généralement défaut. »

Avec ce rapport, l'association espère sensibiliser les dirigeants, les actionnaires ou encore les institutions à l'opportunité de repenser l'entreprise comme un lieu convivial et créateur de valeur participant, à son échelle, à une croissance durable et un mieux vivre ensemble. Une entreprise pilote s'est déjà portée volontaire pour tester certaines de ses préconisations. La balle est désormais dans le camp des décideurs.


Nos consultants accompagnent les vendeurs afin de valoriser leurs entreprises mais aussi les acheteurs (cessionnaires) pour valider et sécuriser leurs achats.






mercredi 11 avril 2012

Comment les banques notent les entreprises.. de la TPE à la PME

Le printemps est la saison de la publication des comptes annuels et du renouvellement des notes bancaires des sociétés. Une bonne occasion pour se pencher sur le processus de notation, qui reste souvent mystérieux pour les chefs d'entreprise. La Caisse d'Epargne a accepté de nous expliquer le sien en détail.

 

Excellentes ? Bonnes ? Assez bonnes ? Médiocres ? Ou franchement mauvaises ? Quelles notes votre société obtiendra-t-elle auprès de ses banques en 2012 ? Cette question est d'une actualité brûlante si, comme une écrasante majorité des entreprises, vous publiez vos comptes annuels en avril ou en mai. En effet, vos notes bancaires sont recalculées chaque année après la sortie de vos bilans.

Mieux une PME est notée, plus elle peut négocier de nouveaux crédits

Votre notation bancaire revêt une importance capitale : mieux votre société sera notée, plus vous aurez la capacité d'obtenir de nouveaux crédits et des conditions bancaires intéressantes... Un dirigeant de PME a donc tout intérêt à savoir quelle démarche et quels critères les banques utilisent pour noter son entreprise.
Isabelle Brouté, directrice du marché entreprises de la Caisse d'Epargne (groupe BPCE) a accepté de nous livrer les " secrets de fabrication " de la notation au sein du réseau mutualiste. Son témoignage est d'autant plus intéressant que la Caisse d'Epargne pratique une politique de développement volontariste sur le marché des PME : en 2011, elle a conquis 2200 nouveaux clients sur ce segment et accru ses encours de crédit de 20%, contre une augmentation moyenne des crédits aux PME de 4,4% pour l'ensemble des banques françaises.

Des ratios calculés à partir des documents comptables...

" La notation comporte d'abord un aspect quantitatif, explique Isabelle Brouté. Suite à la saisie informatique des comptes annuels de la société, notre système calcule automatiquement une batterie de ratios (de fonds propres, d'endettement, de frais financiers, de rentabilité...). " Ceci est bien connu des dirigeants de PME. Mais beaucoup d'entre eux s'imaginent que la démarche bancaire d'évaluation d'une entreprise s'arrête là. Ils se trompent lourdement : dans toutes les banques, le processus de notation se fonde aussi, pour une large part, sur des éléments qualitatifs.

... Mais aussi une foule de critères qualitatifs

A la Caisse d'Epargne, la composante qualitative de la note résulte des réponses apportées par le chargé d'affaires qui suit l'entreprise à une quarantaine de questions regroupées en neuf grandes thématiques. " La connaissance de la gestion humaine, commerciale et financière de l'entreprise est essentielle pour y répondre ", souligne Isabelle Brouté.

1) Positionnement de l'entreprise sur son marché
L'entreprise a-t-elle beaucoup de concurrents ? Détient-elle une position de leader ? A-t-elle accru sa part de marché au cours de la dernière année ?...

2) Typologie des produits ou services offerts
L'entreprise commercialise-t-elle plusieurs produits ou services, ou est-elle monoproduit ? Dans le deuxième cas, cette situation est-elle compensée par le fait que le produit en question comporte une forte valeur ajoutée ?...

3) Portefeuille clients
Ce portefeuille est-il diversifié ? Plutôt en croissance ? L'entreprise a-t-elle connu des incidents de paiement avec certains clients ? Et si oui, a-t-elle fait en sorte de réduire ses risques clients en recourant à des techniques ad hoc (du type assurance crédit ou affacturage)?...

4) Qualité des fournisseursLa société est-elle fortement dépendante d'un fournisseur ? Existe-t-il des postes d'achats sur lesquels l'entreprise est susceptible de subir des hausses de prix sans pouvoir négocier?...

5) Risques géographiquesLa société réalise-t-elle une part de son chiffre d'affaires, de sa production ou de ses approvisionnements sur une zone à risque? Est-elle soumise à des risques de change ? Et dans l'affirmative, prend-elle des mesures pour les couvrir ?...

6) Risque environnemental
L'activité de l'entreprise est-elle d'ores et déjà soumise (ou va-t-elle être bientôt soumise) à de nouvelles réglementations qui peuvent pénaliser l'évolution de son chiffre d'affaires ? L'entreprise exerce-t-elle une activité polluante qui lui fait encourir des risques sanitaires élevés ?...

7) Aspect social
La société pâtit-elle d'un important turn over de son personnel?...

8) Qualité du management ressentie par le chargé d'affaires
Le chef d'entreprise a-t-il donné au chargé d'affaires suffisamment d'éléments pour que ce dernier puisse se faire une idée claire de l'activité et du fonctionnement de la société ? Le business de l'entreprise est-il fortement dépendant de son dirigeant ? Si oui, l'entreprise a-t-elle souscrit une assurance " homme clé " ?...

9) Actionnariat
Si la société a besoin de fonds, lui sera-t-il facile d'obtenir un soutien financier de la part de ses actionnaires ? Si l'entreprise a des actionnaires personnes physiques, existe-t-il parmi eux des individus dont la cotation bancaire personnelle s'est dégradée par rapport à l'année précédente ?...

Une note comprise entre 1 et 16

Comme on le voit, le spectre de l'analyse est très large. A l'issue du processus, l'entreprise se voit attribuer par la Caisse d'Epargne une note comprise entre 1 et 16. Mais contrairement aux lycéens, les entreprises qui obtiennent un 16 n'ont pas de quoi se réjouir : ce sont les plus mal notées. Pour être tout en haut du panier, il faut avoir 1 !

In http://lentreprise.lexpress.fr

Cet article nous démontre bien que la seule approche comptable n'est pas suffisante pour valoriser votre entreprise. L'analyse du marché, de la stratégie, du portefeuille clients, du management est tout aussi importante pour l'obtention d''un crédit.  Pour approfondir le sujet nous vous conseillons de lire ou relire http://lemoineconseil.fr/blog/2011/09/15/gestion-de-l-entreprise-l-ardente-obligation-de-depasser-la-seule-approche-comptable-et-financiere.html

 

mardi 10 avril 2012

Le crédit bancaire reste le financement n° 1 des PME et ETI

Les résultats du sondage Oséo Excellence/NYSE Euronext sur les différentes sources de financement des PME-ETI ont été publiés. Pour le financement de leur entreprise, les entrepreneurs comptent principalement sur le crédit bancaire (53 %), le capital investissement (21 %) et la Bourse (7 %).

Comment ont évolué, en 2011, les sources de financement de votre entreprise et quelles sont les perspectives pour 2012 ? Telle est la question posée aux 1 030 chefs d’entreprise de la communauté Oséo Excellence par François Drouin, président-directeur général d'Oséo, et Dominique Cerutti, directeur général adjoint de NYSE Euronext. Voici les résultats publiés le 3 avril.

Dans un climat économique pourtant difficile, plus d’un entrepreneur sur deux (55 %) estime que ses financements sont restés stables ou en augmentation en 2011. Les répondants se montrent cependant plus prudents pour 2012, avec 52 % d’entre eux qui prévoient une diminution de leurs sources de financement.
Pour leurs financements externes, les entrepreneurs sondés comptent principalement faire appel au crédit bancaire (53 %) et au capital investissement (21 %). La levée de fonds en Bourse n’est envisagée que par 7 % des chefs d’entreprise, ceux-ci préférant l’obligataire (5 %) aux actions (2 %). Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer ce manque d’appétence pour la Bourse : la petite taille de l’entreprise, la volonté de garder le contrôle, les contraintes administratives et de communication imposées pour l’accès aux marchés et, enfin, la volatilité actuelle.

Une diversification des sources de financement est pourtant utile et c’est à l’écosystème constitué de tous les intervenants de faire en sorte que le financement par le marché soit perçu comme une alternative. « NYSE Euronext s’est donné justement comme priorité de rééquilibrer les sources de financement des entreprises sur son marché européen, en particulier des PME-ETI qui ont créé 80 % des nouveaux emplois ces dernières années, a déclaré Dominique Cerutti à la lecture des conclusions du sondage. C’est en concentrant les efforts de tous les acteurs de la place que nous serons en mesure de faciliter véritablement et durablement l’accès de ces entreprises aux marchés de capitaux. »



Dans tout les cas pour favoriser le financement de nouveau projet ou lors de la création d'entreprise, il vous faut un business plan pour mettre en valeur vos atouts et un prévisionnel réaliste et pertinent. Les consultants Lemoine Conseil ont obtenu plus de 600  000 euros de financement depuis le 1er janvier 2012 pour leurs clients.

lundi 5 mars 2012

Les États-Unis misent sur les entreprises coopératives

Les entreprises coopératives, une réponse efficace pour créer des emplois ? C'est en tous cas le pari de la ville de Richmond, en Californie, qui a mis en place un plan d'aide local aux entrepreneurs. Une initiative qui fait des petits outre-Atlantique...

Gayle McLaughlin, maire de Richmond, ville proche de San Francisco, a initié il y a plus d'un an un plan d’accompagnement à la création de coopératives, sociétés commerciales à la gouvernance collective et démocratique. Elle y voit le moyen de revitaliser le tissu économique local dans cette ville industrielle de 103 000 habitants durement touchée par la crise avec un taux de chômage de 16 %.

Des entreprises de pose de panneaux solaires aux cafés ambulants, en passant par des ateliers de réparation de vélos, le dispositif séduit de nombreux entrepreneurs en leur permettant de mutualiser les risques.

Mondragon Corp, l'exemple espagnol
Pour mettre en place son programme, Gayle McLaughlin s’est inspirée d’un groupe de coopératives du Pays Basque espagnol, la Mondragon Corp. Lors de son voyage en septembre 2010 dans la ville de Mondragon, l’élue verte a rencontré les représentants de la corporation rassemblant 255 coopératives industrielles, commerciales et financières. Fort de ses 83 000 salariés et d'un chiffre d'affaires de près de 15 millions d'euros en 2010, Mondragon Corp, créée en 1956, constitue ainsi le 7e groupe industriel espagnol.

De quoi donner des idées outre-Atlantique. Si bien que, des villes comme Cleveland (Ohio) ou New York ont mis en place des plans de soutien similaires. Amarillo (Texas), Atlanta (Géorgie), ou encore Washington étudient par ailleurs de très près les opportunités d’une telle politique.


Par Marion PERROUD, 02/03/2012 in http://www.chefdentreprise.com